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Pré-publication, Document de travail

Note sur les pratiques sigillaires des hospitaliers en Provence (XII e -XIII e siècle)

Résumé : À partir d’un corpus encore provisoire d’empreintes, cette communication propose quelques observations sur les pratiques sigillaires des Hospitaliers en Provence entre le XIIe et le début du XIVe siècle. Alors que l’ordre de l’Hôpital s’est tôt préoccupé de codifier l’usage de sceaux, la Provence bénéficie des informations de première main transmises par l’historien de l’ordre de Malte Jean Raybaud († 1752) et du catalogue des sceaux conservés aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône édité par l’archiviste Léon Blancard en 1860. En l’état actuel des recherches, le corpus rassemblé ne dépasse guère une vingtaine de types différents d’empreintes. Même si le procédé n’est pas infaillible, il faut donc recourir aux annonces diplomatiques de scellement pour tenter de suivre les grandes logiques de l’usage du sceau chez les hospitaliers provençaux. L’examen de quelques cartulaires de l’Hôpital (Saint-Gilles, Trinquetaille, Avignon) montre qu’au XIIe s., les actes conservés ne sont jamais authentifiés par les sceaux de l’ordre. Si 12% à 40% des actes pouvaient être scellés, les principales juridictions gracieuses sont les consulats et quelques autorités ecclésiastiques. Le XIIIe siècle montre en revanche une autre situation : à Manosque, 15% au minimum des actes sont scellés de la bulle de la commanderie. Le contexte est, il est vrai, un peu différent car l’Hôpital est ici unique seigneur de la ville et réglemente l’activité des notaires. De manière générale, il faut souligner que la force du notariat rendait le recours au sceau moins nécessaire. Dès le XIVe s., les pratiques sigillaires semblent s’être déjà transformées : l’empreinte paraît réservée aux correspondances échangées au sein de l’ordre ou bien aux actes les plus solennels authentifiés par la bulle du maître. Pour ce qui est des empreintes, il faut distinguer les marques attachées à une institution – commanderie, prieuré – des marques personnelles utilisées par les dignitaires dans l’exercice de leur fonction – commandeur, prieur. Même si un nombre infime d’empreintes a été conservé pour les commandeurs, il est probable que tous ces officiers disposaient bien d’une matrice. Si l’usage diplomatique du sceau n’avait rien d’obligatoire, en revanche, chaque commandeur devait sceller les sacs contenant les responsions de sa maison. Les marques des commandeurs et des prieurs étaient en cire, alors que les rares empreintes de commanderies conservées – Orange, Manosque – sont des bulles de plomb. Ces commanderies étaient à la tête de puissantes seigneuries et l’usage de la bulle de plomb renvoie à l’autorité impériale déléguée aux consulats. L’iconographie devait être facilement identifiable, sans pour autant être propre à l’Hôpital. Conformément aux statuts, l’Agnus Dei caractérise les empreintes des différents prieurs de Saint-Gilles, sans que le nom du dignitaire ne figure. La croix pattée semble être l’insigne commun à l’avers des bulles des commanderies, tandis que les revers renvoient plutôt à une identité locale. Les sceaux propres aux commandeurs, en revanche, comportent tous le nom du frère. Le faible échantillon dont on dispose laisse une large place aux signes héraldiques, ce qui marque bien l’appartenance d’une certaine élite de commandeurs à l’aristocratie militaire de la région. Le sceau de Féraud de Barras offre un type plus rare, sans doute inspiré de la représentation du maître lui-même : le dignitaire est représenté en buste, le manteau timbré de la croix de l’ordre. Ce n’est pas un hasard si cette marque s’applique à l’office de grand commandeur deçà mer (magnus perceptor in partibus cismarinis) et non à celui de prieur – car le frère a cumulé les deux fonctions de 1257 à 1266. Cette imago à la « semblance » du frère illustre bien le caractère performatif de l’empreinte sigillaire, capable de re-présenter l’individu et d’agir en son absence.
Type de document :
Pré-publication, Document de travail
Liste complète des métadonnées

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03139475
Contributeur : Damien Carraz <>
Soumis le : vendredi 12 février 2021 - 08:53:07
Dernière modification le : mercredi 17 février 2021 - 03:26:23

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  • HAL Id : hal-03139475, version 1

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Damien Carraz. Note sur les pratiques sigillaires des hospitaliers en Provence (XII e -XIII e siècle). 2021. ⟨hal-03139475⟩

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